« LES ARTS VISUELS, LE WEB ET LA FICTION »
Colloque international Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne Salle des conseils et Amphithéâtre Turgot
24 et 25 NOVEMBRE 2006 –
CERAP, Centre d’Etude et de Recherche en Arts Plastiques, U.F.R. 04 47/53 rue des bergers, 75015 Paris
Contact et organisation : Bernard Guelton
Avec la participation de John Cornu, Karim Charredib, Isabel Da Cunha de Almeida, Cheng Yu Pan
Université de St Étienne : CIEREC
Ce colloque sur les arts visuels, le web et la fiction a pour ambition d’interroger les œuvres artistiques appartenant aux arts visuels mais également celles réalisées sur l’internet dans leurs rapports à la fiction.
Les arts visuels
Si la littérature et le cinéma ont nourri une réflexion approfondie sur la fiction, d’autres domaines liés aux arts visuels sont largement restés inexplorés. Ainsi l’exposition peut recourir aux fictions canoniques (vidéo, cinéma, dispositifs textuels), mais aussi à l’image fixe, l’installation ou la performance. Quelle est l’importance respective de chacun de ces éléments en rapport avec la fiction ? Que produisent leurs éventuelles cohabitations ? Quelle est la place dévolue au « scénario », celle relative au concepteur ou au visiteur de l’exposition ?
Deux lieux communs informent massivement l’art contemporain dans son rapport à la fiction. Le premier consiste à qualifier l’œuvre d’art comme suspendue entre réalité et fiction. Le second justifie cette indétermination comme une conséquence de la spectacularisation du monde, l’indistinction entre le vécu et sa représentation. Que recouvrent ces lieux communs ? Quelles sont les limites du tout fictionnel ?
Dans quelle mesure l’élaboration et le vécu collectif des œuvres sont-ils contradictoires ou constitutifs d’une fiction ? Ludiques, politiques, les œuvres collectives peuvent impliquer un assujettissement fort différent au monde. L’univers du jeu est susceptible d’engager un rapport direct à la fiction. L’interrogation d’un univers social peut procéder d’une utopie, d’une « micro - utopie » ou d’une action directe sur le monde.
Le web
Les travaux artistiques réalisés sur l’internet modifient-ils notre appréhension de la fiction ? Le brouillage des différences entre auteur et utilisateur, original et duplication ne demandent-ils pas de reconsidérer notre approche de la fiction ? L’autonomie toujours croissante du web, son auto-référentialité, permettent-ils toujours de distinguer entre domaines factuels et fictionnels ? Les distinctions entre réalité et vérité, falsification et fiction qui ont permis de construire diverses approches de la fiction semblent confondues dans les discours qui tentent d’approcher l’univers de l’internet.
Dans quelle mesure l’élaboration et le vécu collectif des œuvres sont-ils contradictoires ou au contraire constitutifs d’une fiction ? Cette question évoquée à propos de l’art contemporain retrouve dans l’univers du web une résonance particulièrement vive. Il suffit d’évoquer l’importance du jeu en ligne, créateur « d’univers persistants », le recyclage et l’appropriation de fictions traditionnelles, la multiplication des identités fictives pour entrevoir la complexité que peut revêtir la fiction lorsqu’elle est partagée en réseaux. Trois registres de questions pourront être envisagés : 1) le rapport réalité / fiction sur internet, 2) les nouvelles formes artistiques développées sur le web et leurs rapports à la fiction, 3) la création de fiction sur internet et le rapport à l’hypertexte.
La question des représentations
La question des représentations est au cœur des arts visuels et de la fiction. De par sa puissance métaphorique, le mot se prête à de très nombreuses définitions selon les contextes où il est utilisé. Si la relation de correspondance, de renvoi ou de substitution sont communes aux représentations factuelles et fictionnelles, quelles sont alors les particularités de ces dernières ? Si l’absence de référence ou de dénotation dans notre monde ordinaire ne nous aide guère à caractériser la fiction, comment appréhender les aspects positifs et créatifs de celle-ci ? Comment, en dépit de l’inexistence de toute dénotation, l’objet fictionnel est-il malgré tout apte à modifier l’univers de croyance de celui ou celle à qui il est destiné ? Et puisque ce qui est conçu à un moment comme vérité peut devenir ultérieurement simple croyance ou affabulation comme dans le mythe, ne faut-il pas alors considérer avant toute chose l’usage et le niveau de croyance comme ce qui vient fonder un objet comme fictionnel ?
Dans leurs situations aux marges des fictions canoniques, les fictions artistiques et visuelles viennent nous interroger sur le statut de la croyance et l’importance des niveaux de représentations dans la génération des univers fictionnels. Filmer une troisième fois l’attaque d’une banque sous la directive de son auteur et braqueur (Pierre Huyghe) ; réaliser comme artiste les actions de l’héroïne d’un livre qu’un écrivain avait pris préalablement pour modèle chez cette même artiste (Sophie Calle) ; juxtaposer plusieurs films et autant de trajets vers un même événement (Melik Ohanian) ; Parodier le site de l’Organisation Mondial du Commerce (The Yes Men), construire un espace réel en trois dimensions en miroir de celui du spectateur (Leandro Erlich) ; ou plus simplement figurer la sieste du peintre (Jean Le Gac), (etc…), n’est-ce pas de façon à chaque fois différente, nous mettre dans et devant le passage d’un monde à un autre ? Et gommer un peu à chaque fois la priorité de notre monde ordinaire en l’ouvrant vers une pluralité de mondes possibles ?
INTERVENANTS :
(artistes)
Eric Rondepierre Melik Ohanian Peter Hill Pierre Giner Alain Declercq Andy Bichlbaum (The Yes Men) Yann Toma Simon Boudvin Richard Conte Joana Hadjithomas et Khalil Joreidge Lorenzo Menoud
(théoriciens)
Jean-Marie Schaeffer Kendall Walton Marie-laure Ryan Jérôme Pelletier Jean-Pierre Mourey Alexandra Saemmer Jacinto Lageira Monique Maza Yannick Maignien Pierre Hyppolite
Vendredi 24 novembre
Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne Salle des conseils (Salle 1) 12, place du Panthéon, 75005, escalier M, premier étage
(70 places)
9h 15
Accueil des participants et ouverture du colloque :
Dominique CHATEAU, directeur de l’École doctorale, UFR 04, Bernard GUELTON, organisateur du colloque
PRATIQUES ARTISTIQUES EN REGARD DE LA FICTION (I)
Modérateur : Dominique CHATEAU
1) 9h 45 Jacinto LAGEIRA, Université Paris 1, France, « En réalité. Sur le fictionnalisme et ses hybrides. Qu’a changé dans notre relation à la réalité l’idéologie du fictionnalisme ? Celle-ci se caractérise par une pratique et une production de formes hybrides où s’entremêlent si bien des éléments factuels et fictionnels, concrets et imaginaires, qu’il est parfois très difficile d’en faire la part.
2) 10h 15 Eric RONDEPIERRE, artiste, Université Paris 1, « Vers la fiction ». Eric Rondepierre extrait des images issues de longs métrages de fiction. Il les reprend en photo, les « photogramme », les agrandit, les expose.
3) 10h 45 Joana HADJITHOMAS et Khalil JOREIDGE, cinéastes, Liban, « Amale, sauve-moi ». Nous avons toujours travaillé avec des images empruntées, des images latentes, rémanentes, rendant fictionnels des documents ou des films pour questionner l’Histoire de la guerre ou des guerres civiles libanaises, pour espérer le « retour de l’image ». En avril 2006, lors de l’avant-première de notre long métrage « A perfect day » au Liban, une aventure a fait que la fiction tout d’un coup a pris des allures de document...
11h 15 Questions 4) 11h 30 Pierre GINER, artiste, France, « Qu’est-ce que ça veut dire ? Interprétation et fiction dans l’exposition » Où le spectateur se pose la question et participe de « ce que ça raconte » : « Ça dure un peu », « Elsewhere », « I-dance » ou « Misc-spaces », des oeuvres comme objets d’usage, situations d’exposition et potentiel fictionnel.
5) 12h Alain DECLERCQ, artiste, France, « Etat de siège ». « […] Où des mouvements de troupes engagées dans un quadrillage de la capitale font apparaître la « grande muette » comme un envahisseur particulièrement inquiétant » Xavier Francesci, Revue Plastik n°2.
12h 30 Questions et déjeuner
Vendredi 24 novembre (Après-midi)
PRATIQUES ARTISTIQUES EN REGARD DE LA FICTION (II) Modérateur : Jacinto LAGEIRA
6) 14h 30 Yann TOMA, artiste, Université Paris 1, « Ouest lumière ». L’entreprise Ouest-Lumière existe depuis 1905. Réactivée en1991 (rachat du nom et de la marque à l’INPI), elle est aujourd’hui dirigée par Yann Toma, son Président à vie. Elle est composée de membres Fondateurs (10 membres), d’un Comité Exécutif (12 membres), d’actionnaires (157 membres), d’agents (90 membres) et d’abonnés (100 000 membres). La première campagne publicitaire Ouest-Lumière en Inde vient d’être lancée dans la ville de Neemrana (Rajasthan) en mai dernier. La population est concernée sur plusieurs années. Elle est sollicitée sur des champs de proposition bien précis : la téléportation, la transmission de pensée, le transferts de flux, le clonage, la production de radion... www.ouest-lumiere.org
7) 15h Richard CONTE, artiste, Université Paris 1, « Richard Conte2 ». Issu d’un milieu modeste d’Italiens immigrés, Richard Conte se distingue par une palette de dons hors du commun (…). Dessinateur, musicien, il excelle également dans la comédie (…). Richard Conte possède un physique attachant et un registre étendu, qui lui permettent d’exprimer la fragilité comme le cynisme (…). Richard Conte expose régulièrement ses dessins et peintures.
http://www.dougmacaulay.com/kingspud/sel_by_actor_index_2.php ?actor_first=Richard&actor_last=Conte
8) 15h 30 Jean-Pierre MOUREY, CIEREC, Université St Etienne, « Fiction de l’encyclopédie — De la véridicité des images ». Analyse d’oeuvres de J. Fontcuberta, P. Christin et E. Bilal, J.L. Borges et d’autres rejouant des domaines et des procédures de l’encyclopédie. Les oeuvres étudiées ici sont des fictions scientifiques, ethnologiques, architecturales. Il s’agira d’en repérer les stratégies lorsqu’elles imitent des champs du savoir et nous font croire en leur véridicité.
16h Questions 9) 16h 15 Pierre HYPPOLITE, Université Limoges, « Peintures figuratives et dispositifs fictionnels contemporains ». Le tableau figuratif sert souvent d’interface entre le monde et sa représentation littéraire. Mais, si « on entre sans peine en fiction quand on va voir un Géricault » (Jean Arrouye), il est communément admis que la peinture figurative contemporaine récuse la fiction ou la rend indécise (Jean-François Lyotard). Pour J.-M. Schaeffer la fiction picturale ou romanesque s’élabore sur le même principe. La peinture (hyper)réaliste ou la figuration narrative posent la question de la production, de la narration et de la réception de l’œuvre picturale et littéraire. On ne peut que constater le nombre de renvois explicites à ce type de peinture dans les textes romanesques contemporains. Alain Robbe-Grillet, G. Perec, J. Echenoz, J.-P. Toussaint... font ainsi référence aux tableaux de E. Hooper, J. Monory, Erro... Comment ces tableaux déclenchent-ils le désir de fiction ? Comment la fiction donne-t-elle corps à leurs images ? Du tableau à l’image rhétorique, de l’image textuelle à l’image mentale, comment l’écriture modélise-t-elle des représentations supposées connues du lecteur ? Quel est le degré d’interactivité de ces images ? L’analyse de dispositifs picturaux et littéraires contemporains (G. Perec, J. Echenoz, J.-P. Toussaint) peut permettre de mettre en évidence le rapport nouveau de cette peinture à la fiction littéraire. Leur rapprochement peut aider à saisir ce qui se joue dans la représentation littéraire et picturale et permettre d’approcher la pensée visuelle et émotionnelle propre à la fiction.
10) 16h 45 Melik OHANIAN, artiste, France, « Seven Minutes Before ».
11) 17h 15 Lorenzo Menoud, artiste et chercheur, Suisse, « Mes fictions – entre théorie et pratique ». Au cours de cette intervention, je vais présenter une partie de mon travail artistique (installations, performances et vidéos) en relation avec ma conception de la fiction, notamment avec l’idée selon laquelle la fictionalité ne peut s’appliquer qu’aux oeuvres discursives (cf. Qu’est-ce que la fiction ?, éditions Vrin, 2005). Plus concrètement, si la fiction est bien la mise en forme institutionnelle et sociale de notre envie de raconter des histoires dans un cadre ontologique donné, quel sera alors le statut d’une performance filmée où l’artiste déguisé en travailleur intervient sur des panneaux de signalisation routière pour en détourner le sens ?
12) 17h 45 Simon BOUDVIN, artiste, France, « Already made » « Already made » est un titre regroupant un ensemble de photographies d’architectures readymade, d’un architecte cancre qui refuse de designer de nouveaux volumes. « hlm.html » et « réserves&garnisons » sont deux sites internet diffusant deux séries d’images issues de deux fictions urbaines parallèles.
18h 15 Questions et fin de la première journée
Samedi 25 novembre 2006
Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne Amphithéâtre TURGOT 17, rue Victor Cousin, 75005 (Entrée cour d’honneur de la Sorbonne)
(200 places)
FICTIONS « EN LIGNE »
Modérateur : Yann TOMA
1) 9h 30 Yannick MAIGNIEN, « Vérité et fiction sur le web ». Les capacités du Web à mettre en oeuvre des mondes possibles, déjà réalisées pour l’univers persistant de jeux de rôles (« Deuxième monde », « Second Life »...) peuvent-elles s’étendre, par la mise en place de communautés virtuelles, à d’autres sphères sociales et culturelles (de la connaissance, de la politique, de l’économie, de la création artistique, de l’éducation...) ? Quelques pistes de réflexion.
2) 10h Monique MAZA, CIEREC, Université St Etienne, « Usimage, web-frictions entre réels et fictions ». Analyse de quelques points de contacts et de résistances (de “frictions”) entre réel et fiction — et les concepts qui s’y rattachent, revisités à l’aune d’Internet —, à partir de l’exploration d’« Usimage », une œuvre conçue par et pour le Web.
3) 10h 30 Alexandra SAEMMER, CIEREC, Université St Etienne, « Espaces intimes en réseau ». Un certain nombre de travaux ont traité des implications socioculturelles de l’écriture intime en réseau. Dans un premier temps, je résumerai rapidement les principaux aspects de cette entreprise paradoxale de se confier sur la toile. Je me pencherai ensuite sur certaines caractéristiques formelles du journal intime en ligne. En analysant l’action de l’animation et du lien sur la matière textuelle, je poserai la question de savoir si, en dehors de la présence des lecteurs, ces « figures de style » de l’écriture intime en ligne constituent peut-être déjà des esquisses, des « embryons de fiction » ; si l’hypertexte et l’animation, introduisant une fuite dans les mots, font perdre au discours intime sa prétention à dire « vrai ».
11h Questions 4) 11h 15 Andy BICHLBAUM, (The Yes Men), artiste, USA-France, « Welcome Halliburton.com to Halliburton.com ». 5) 11h 45 Marie-Laure RYAN, Chercheur, USA, « Mondes fictionnels à l’âge de l’Internet ». Examinant diverses formes de fictionnalité rendues possibles par la technologie informatique - jeux vidéo, pratiques transfictionnelles telles que la « fan-fiction », machinima, et mondes en ligne - cet exposé interroge l’influence des propriétés distinctives des médias numériques, tout particulièrement la communication par réseaux, sur l’expérience des mondes fictionnels et leur rapport à la réalité.
12h 30 Questions et déjeuner
Samedi 25 novembre 2006
Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne Amphithéâtre TURGOT 17, rue Victor Cousin, 75005 (Entrée cour d’honneur de la Sorbonne)
(200 places)
FICTIONS ET REPRÉSENTATIONS
Modérateur et traducteur : Stephen WRIGHT
6) 14h 30 Peter HILL, artiste, Australie, « True Lies and Superfictions ». (anglais/français) Dr Peter Hill will describe how in 1989 he invented a fictitious museum in New York called The Museum of Contemporary Ideas based on Park Avenue. Ostensibly the biggest new museum in the world, bankrolled by the Cameron Oil company and their benefactors Alice and Abner "Bucky" Cameron. Initially this was a "mail art’ project with press releases sent out to agencies such as Reuters and Associated Press, curators, gallerists, art journals, and artist friends. By 1992 it had become a web-site and this can be visited at : www.superfictions.com Dr Peter Hill fabricates the work of all the invented artists showing in the museum - paintings, videos, installations - and these eventually underwent a detournement to become characters in a new superfiction called The Art Fair Murders. This is part art installation, part novel, part website. The novel is called "Thirteen Months in 1989". It speculates on what would happen if there was a serial killer loose in the art world committing murders at international art fairs throughout 1989 - the year of the Berlin Wall coming down and the Tank Hero in Beijing. Hill is currently developing the work of two painters from the novel who have a rivalry between them. Both are from Texas (USA) and they are called Herb Sherman and Hal Jones. Some of these "works in progress" will be shown in Paris. Hill invented the term "Superfiction" in 1990 to describe the work of a number of artists who had created fictional worlds including Res Ingold (Switzerland), Joan Fontcuberta (Barcelona), SERVAAS (Netherlands), Seymour Likely (Netherlands), Business Art Business (Italy), IRWIN (Slovenia), Rodney Glick (Australia), Guillaume Bijl (Belgium), and David Wilson’s Museum of Jurassic Technology (USA). Hill has coined several new art terms in addition to "The Superfiction". These include : "Heroic Amateurism", "Aesthetic Vandalism", "Logical Extremism" and "Splitting the Eleven".
7) 15h 30 Kendall WALTON, Université du Michigan, USA, « Sports as Fiction : When Fiction and Reality (Partly) Coincide » (anglais/français) Fiction typically contrasts with reality. But what is true in fiction is often true in the real world as well. One area in which overlap between fiction and reality is important is that of sports and other competitive games. The experiences and activities of participants and spectators in sporting events often involve an element of fiction, of make-believe ; sporting events are strikingly similar in some ways to theatrical performances, for instance. But differences between them are especially interesting, in particular differences concerning the coincidence and intermingling of fiction and reality.
16h 30 Questions 8) 16h 45 Jérôme PELLETIER, Université de Brest et Institut Jean Nicod (CNRS/EHESS/ENS), « Image, interaction et fiction ». L’art visuel digital n’est plus tout à fait visuel. Les nouvelles technologies de l’image introduisent une dimension supplémentaire à la représentation visuelle sur le plan de l’action. Il va s’agir d’explorer certaines implications émotionnelles de l’expérience d’une œuvre digitale interactive – l’interaction avec l’œuvre fait-elle de mes propres actions la source des émotions esthétiques ? – et certaines implications ontologiques - l’œuvre est-elle réellement modifiée par l’interaction ?
9) 17h 15 Jean-Marie SCHAEFFER, C.N.R.S., « Quelles fictions ? » La notion de « fiction » est plurivoque, non pas seulement parce que les pratiques qu’on regroupe sous ce terme sont multiples, mais encore parce que toute fiction est la résultante de deux forces divergentes : la fiction leurre - la mimèsis platonicienne - et la fiction-modèle - la mimèsis aristotélicienne -. Il y a autant de figures de la fiction qu’il existe d’équilibres instables de ces deux forces divergentes, c’est-à-dire un nombre indéfini.
18h Questions, FIN DU COLLOQUE, SYNTHÈSE ET OUVERTURE