projet
note d’intention pour le labo "Index"
A l’ère du capitalisme informationnel toutes les pratiques culturelles peuvent être réduites et valorisées en tant que sources monnayables de contenus numérisés. L’état gazeux de l’art (selon la formule d’Yves Michaux) pourrait n’être que la conséquence d’une adaptation de l’art aux exigences du marketing. Mais pour décrire utilement les enjeux de cette apparente disparition des oeuvres, il faut utiliser le vocabulaire des nouvelles technologies. Parlons de compatibilité plutôt que de disparition. Parlons d’interopérabilité. Disons que la pratique artistique "supporte" (au sens informatique) toutes les pratiques culturelles. Elle n’en reste pas moins spécifique, sauf à tomber dans le piège de l’industrie culturelle et à contribuer malgré soi, en s’amusant, à l’instrumentalisation de l’art comme sous-programme du contrôle social. Le projet du labo "index" est d’élaborer un lexique des termes informatiques à l’usage d’une esthétique susceptible de saisir la spécificité paradoxale d’un art invisible.